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Mange ta soupe

Je remonte loin, j’avais cinq ans au plus, les repas du soir commençaient invariablement par de la soupe ! Chaque soir, l’assiette, creuse, emplie d’un liquide chaud, me tenait tête. « Mange ta soupe » « non » « si » «j’aime pas ça » « ça fait grandir ».

Maman s’en va préparer la suite, vite, mon assiette, je file vers l’escalier ; en haut, comme chaque soir le petit chat m’attend !
L’escalier est pentu, avec mon mauvais pied bot, je trébuche, répand la soupe, casse l’assiette, m’ouvre le poignet. J’en ai encore la cicatrice qui toujours me rappelle l’obéissance.

©Patrice Cousin